Système de stockage par batterie en conteneurs raccordé en moyenne tension
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Exonéré du tarif de réseau.
Facturé pour le raccordement.

Depuis janvier 2025, une batterie suisse qui stocke puis restitue de l'électricité ne paie plus aucune rémunération pour l'utilisation du réseau sur l'énergie qu'elle cycle. Cette réforme a été largement commentée. Ce à quoi elle n'a pas touché, c'est la contribution unique qu'un gestionnaire de réseau peut prélever au moment où la batterie se raccorde — le « Netzkostenbeitrag » (contribution aux coûts de réseau) — calculée sur la puissance de soutirage commandée, non remboursable, et fixée séparément par chaque gestionnaire de réseau de distribution. Dans le seul barème publié d'un même gestionnaire, un raccordement identique de 8 MW va de CHF 112 000 à CHF 648 000 selon le seul niveau de tension auquel il se raccorde.

Ce qui a changé, et ce qui n'a pas changé

Deux redevances distinctes. Une seule a été réformée.

Le droit suisse de l'électricité part d'une définition inconfortable pour le stockage. Selon l'art. 4 LApEl (loi sur l'approvisionnement en électricité), est consommateur final quiconque soutire de l'électricité du réseau pour son propre usage ou en vue de la stocker. Une batterie qui se charge depuis le réseau est donc, à la lettre de la loi, un consommateur. Le paquet de réforme qui a inscrit ces termes à l'art. 4 a introduit l'exception dans le même mouvement — les deux dispositions sont entrées en vigueur ensemble le 1er janvier 2025.

Cette exception, c'est l'art. 14a LApEl. Le stockage sans consommation finale — une batterie autonome qui prélève de l'électricité sur le réseau de distribution et la restitue plus tard au même point — ne doit aucune rémunération pour l'utilisation du réseau. Les batteries se trouvent ainsi placées sur le même pied que le pompage-turbinage, qui bénéficiait jusque-là de cet allègement au titre d'une pratique établie plutôt que d'un droit codifié. Lorsqu'une batterie se situe derrière un site qui consomme également, l'art. 14a LApEl prévoit en revanche un remboursement partiel sur l'électricité réinjectée dans le réseau — un volet qui n'est entré en vigueur qu'un an plus tard, le 1er janvier 2026, et qui porte sur la composante énergie du tarif, et non sur les taxes de puissance et de base.

Il s'agit là d'une redevance récurrente, assise sur les flux d'énergie. Ce n'est pas le seul moyen pour un gestionnaire de réseau de récupérer de l'argent sur un nouveau raccordement, et ce n'est pas celui qui tombe en premier.

L'exonération de 2025 a supprimé la redevance courante sur l'énergie cyclée. La contribution unique au dimensionnement du réseau — calculée sur la puissance que vous commandez, avant que la batterie n'ait cyclé le moindre kilowattheure — ne faisait pas partie de cette réforme.

La redevance qui a survécu

Le Netzkostenbeitrag, précisément.

En Suisse, les frais de raccordement au réseau se composent de deux volets, et les confondre est l'erreur la plus fréquente que nous rencontrons dans les budgets de batteries de stockage stationnaire (BESS) en phase amont. Le Netzanschlussbeitrag (contribution de raccordement) couvre le raccordement physique lui-même — câble, transformation, l'ensemble des ouvrages à partir du point de couplage vers l'intérieur. Il s'agit pour l'essentiel de coûts de construction : inévitables et propres à chaque site.

Le Netzkostenbeitrag est un instrument d'une tout autre nature. La norme sectorielle que suivent la plupart des gestionnaires suisses, la Branchenempfehlung Netzanschluss de l'AES (VSE), le définit comme une contribution prélevée sur la base de la puissance de raccordement commandée, destinée à compenser les coûts de dimensionnement et d'extension du réseau que cette commande occasionne, directement et indirectement. C'est un paiement unique. Il porte sur une puissance que vous réservez, non sur l'énergie que vous consommez. Et il n'est pas récupérable si votre besoin effectif se révèle par la suite inférieur.

Vient ensuite l'élément déterminant pour le stockage, et facile à manquer. La même recommandation sectorielle indique clairement que les gestionnaires qui prélèvent un Netzkostenbeitrag peuvent également le prélever sur des installations de stockage sans consommation finale raccordée, sur la puissance de soutirage convenue. L'exonération de l'art. 14a LApEl ne se transpose pas. Une batterie peut donc être simultanément exonérée de la rémunération récurrente pour l'utilisation du réseau et redevable d'une contribution unique à six chiffres, calculée sur sa puissance de soutirage. L'exonération de l'art. 14a n'élimine pas la contribution de raccordement distincte.

Le propre manuel du stockage de l'AES (VSE), qui traite pourtant en détail le comptage et la facturation des installations de stockage, n'aborde pas du tout les contributions de raccordement. Personne n'a dissimulé cette lacune — c'est simplement une couture entre deux corpus de règles, et les projets BESS suisses reposent exactement dessus.

Ce que disent réellement les tarifs

Mêmes 8 MW, cinq réponses différentes.

La Suisse compte quelque 600 gestionnaires de réseau, et le Netzkostenbeitrag se situe en dehors du tarif d'utilisation du réseau régulé au niveau fédéral. L'ElCom ne le surveille pas — l'examen de ces contributions incombe aux communes et aux cantons — et la recommandation sectorielle est précisément cela, une recommandation, qui laisse à chaque entreprise tant la décision de prélever que la fixation du taux. Avant même de comparer les gestionnaires entre eux, il vaut toutefois la peine de mesurer l'écart à l'intérieur d'un seul tarif publié. Le barème ci-dessous est celui de SAK, en vigueur depuis le 1er juillet 2025, et la colonne de droite se borne à appliquer ses taux à un raccordement de 8 MW.

Niveau de réseau (barème SAK)NetzkostenbeitragSur un raccordement de 8 MW
Haute tension (NE3)CHF 14.00 / kWCHF 112 000
Transformation (NE4)CHF 50.00 / kWCHF 400 000
Moyenne tension (NE5a)CHF 54.00 / kWCHF 432 000
Moyenne tension (NE5b)CHF 81.00 / kWCHF 648 000
Basse tensionAucune contribution générale prélevée actuellement

Sources : SAK — Preisblatt Netzanschlusskosten, en vigueur depuis le 1er juillet 2025 (PDF, en allemand) · AES (VSE) — Branchenempfehlung Netzanschluss (PDF, en allemand) · BKW — Tarifblatt Netzanschluss (PDF, en allemand) · ElCom — Netz (nombre de gestionnaires, en allemand) · VESE — Netzanschlusskosten : l'examen de ces contributions incombe aux communes et aux cantons, non à l'ElCom (en allemand). Les taux sont ceux publiés par le gestionnaire cité et sont révisés périodiquement. La colonne de droite est un simple calcul arithmétique appliqué aux taux publiés au kW, présenté pour illustrer à quel point le seul niveau de tension déplace le montant — ce n'est ni une offre, ni une estimation pour un projet particulier, ni un substitut au tarif applicable à un point de raccordement donné.

Le premier constat, c'est qu'aucune de ces variations ne fait intervenir un second gestionnaire. À l'intérieur du barème d'une seule entreprise, les mêmes 8 MW donnent lieu à une contribution de CHF 112 000 ou de CHF 648 000 — un facteur de près de six — selon le seul niveau de réseau auquel le projet se raccorde. Le point où un projet se raccorde n'est donc pas qu'une question d'ingénierie, et le raccordement le moins cher n'est pas toujours le plus proche.

Comparer d'un gestionnaire à l'autre est plus difficile qu'il ne devrait, et cette difficulté est en soi un enseignement. Les fiches tarifaires diffèrent par ce qu'elles publient et jusque dans les unités qu'elles emploient : BKW, par exemple, facture la contribution pour les raccordements en basse tension par ampère plutôt que par kilowatt — et sa fiche vise expressément les installations de consommation, y compris le stockage. D'autres gestionnaires ne publient aucun barème et règlent la contribution dans la convention de raccordement individuelle. Il n'existe aucun moyen fiable de connaître le montant applicable à un site donné, sinon de le demander par écrit et tôt au gestionnaire compétent.

Il existe une autre asymétrie qui mérite d'être nommée. La recommandation sectorielle qui autorise une contribution sur la puissance de soutirage d'une batterie prévoit qu'aucune ne peut être prélevée sur la puissance d'injection d'une installation de production. Une batterie tend donc à être traitée comme un consommateur à l'entrée et comme un producteur à la sortie — elle supporte la contribution attachée au soutirage sans bénéficier de l'allègement correspondant sur l'injection. Pour un actif dont toute la fonction consiste à faire les deux, cette classification est structurellement défavorable. Il faut souligner que cette règle figure dans une recommandation sectorielle et non dans la loi elle-même, ce qui explique précisément que les pratiques varient d'un gestionnaire à l'autre.

La conséquence sur la conception

La puissance commandée est une porte à sens unique.

Parce que la contribution s'attache à la puissance commandée plutôt qu'à la puissance consommée, et parce qu'elle n'est pas remboursable lorsque le besoin se révèle plus faible, le chiffre de puissance inscrit dans une convention de raccordement constitue l'une des décisions les moins réversibles de toute la séquence de développement. Lorsqu'un gestionnaire publie une règle d'arrondi, celle-ci ne joue elle aussi que dans un sens — le barème de SAK, par exemple, décompte la puissance excédentaire par paliers arrondis aux 100 kW supérieurs. Commander une marge généreuse « au cas où le projet grandirait » se convertit directement en un coût permanent, sans aucun mécanisme de récupération si la croissance ne vient pas.

C'est ici que la discipline sur la puissance de raccordement cesse d'être un détail technique pour devenir un enjeu commercial. Le bon chiffre découle de la même analyse que celle qui dimensionne la batterie : quelle est réellement la contrainte déterminante, comment la charge du site se comporte sur une année entière, et quelle simultanéité existe véritablement entre la charge de la batterie et la consommation du site. Dans notre étude de cas BESS + PV industriel, une année de données de comptage au quart d'heure a fixé la réponse de dimensionnement côté hôte à partir d'un seul groupement d'heures de pointe en décembre — la même discipline s'applique à la puissance que vous contractez au point de raccordement.

Cela change aussi le regard porté sur un raccordement existant. Un site déjà raccordé en moyenne tension, disposant de marge en dehors de ses pointes de production, peut raccourcir sensiblement la procédure de raccordement — et, la puissance ayant été contractée de longue date, le projet peut éviter ou réduire toute contribution supplémentaire. C'est une position de départ sensiblement différente de celle d'un nœud greenfield, et cela renforce la logique d'implantation exposée dans notre analyse sur l'implantation derrière le compteur ou au nœud de réseau.

Ce qu'il faut établir, et quand

Quatre questions à poser tôt.

Rien de tout cela ne relève d'une diligence exotique. Il s'agit simplement de la diligence relative au raccordement au réseau, celle qui intervient trop souvent tard : une fois le site retenu pour d'autres raisons, lorsque le tarif de raccordement arrive comme une surprise. Les questions sont les suivantes :

Ce gestionnaire prélève-t-il un Netzkostenbeitrag, et en publie-t-il le taux ? Certains publient un barème au kilowatt ; d'autres fixent la contribution dans la convention de raccordement individuelle, où elle ne peut se discuter qu'avant signature. Ce seul fait peut déplacer la base de coûts initiale d'un projet de plusieurs centaines de milliers de francs.

Sur quelle base de puissance, et à quel niveau de réseau ? Les taux peuvent varier considérablement selon le niveau de réseau, comme l'illustre le barème SAK — d'un facteur de près de six au sein de ce seul tarif. Un point de raccordement permettant un piquage à une tension supérieure peut mériter d'être poursuivi pour des raisons de coût à lui seul, indépendamment de ses mérites techniques.

Comment le gestionnaire traite-t-il spécifiquement le stockage ? La recommandation sectorielle autorise le prélèvement de la contribution sur le stockage autonome, mais autorisation n'est pas obligation, et les pratiques varient. C'est une question à poser par écrit très tôt, et non à déduire.

La puissance commandée est-elle la bonne, ou simplement confortable ? Non remboursable, arrondie vers le haut et fixée avant la mise en service — ce chiffre mérite le même examen que le dimensionnement de la batterie lui-même, et il devrait découler de la même analyse de charge.

Ce que cela signifie en pratique

Trois positions,
une conclusion.

La contribution de raccordement se lit différemment selon ce que vous détenez — mais elle récompense la même discipline.

— 01

Sites industriels

Un raccordement moyenne tension existant avec de la marge inutilisée peut raccourcir sensiblement la procédure de raccordement — et réduire, voire éviter entièrement, toute contribution supplémentaire. Sites industriels

— 02

Propriétaires fonciers

Le gestionnaire dont relève une parcelle, et le niveau de tension auquel elle peut être raccordée, sont des données commerciales du terrain — pas seulement techniques. Terrains pour le stockage par batterie

— 03

Développeurs & partenaires

Les tarifs de raccordement au réseau sont publiés. Les établir avant de s'engager sur un site est la diligence la moins coûteuse du développement BESS en Suisse. Développeurs & partenaires

Vous évaluez un site ou un point de raccordement ?

Le coût de raccordement peut
s'établir tôt.

Communiquez-nous la localisation, le gestionnaire de réseau compétent et la puissance de raccordement envisagée. CurvatureEnergy établira comment ce gestionnaire traite le stockage, quelle contribution s'applique au niveau de réseau concerné, et évaluera la puissance de raccordement appropriée — avant qu'elle ne soit inscrite dans une convention.

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